Éducation aux images 2.1
- recherche-action -


"Usages numériques, salles de cinéma, pratiques des publics adolescents, médiation : des convergences à inventer"

Région Île-de-France 2017-2022

Synthèses des groupes de travail

Le 25 mars 2019 au Forum des images, les groupes de travail ont élaboré, pendant une "journée marathon", des réflexions et projets innovants, fondements des actions qui seront expérimentées. Voici les synthèses écrites de leurs élaborations.

Synthèse réalisées grâce à la contribution de Sonia Winter, doctorante-chercheuse en art vidéo et psychanalyse.

Groupe 4 : Lieu de diffusion, lieu de fabrique, lieu de socialisation

Atelier animé par Didier Kiner (ACRIF).

Synthèse de la journée

Diversité des participants dans ces groupes de travail : ne parlent pas forcément de la même manière des mêmes choses, ni avec les mêmes mots ; exercice dynamique ; la salle de cinéma comme élément commun, en point d’interrogation.

4 sous-groupes :

  • La salle de cinéma comme lieu de fabrique : fabrique autour des images, à la fois centrée sur la salle comme équipement, mais aussi en dehors de son site – pour délocaliser le lieu et l’ouvrir à des partenariats. Une telle démarche implique de sortir d’une activité consacrée exclusivement aux films diffusés commercialement, d’ouvrir la salle à des pratiques comme la résidence artistique avec, dans ce cas, la présence sur la durée d’auteurs dans un site donné, pour orienter la salle de cinéma vers une fonction de lieu-ressource en compétences professionnelles et amateurs (ce qui implique de reconnaître les compétences non professionnelles). Fabrique implique aussi l’idée de restitution, de rencontre, d’échange, selon des modalités qui excèdent la projection de films issus d’une programmation commerciale. Pour les salles de cinéma, il s’agit alors d’entrer dans une logique de projets, qui obligatoirement doit être accompagnée, portée politiquement et soutenue financièrement par la collectivité territoriale dont elles dépendent directement, et au-delà, par les institutions appelées à les accompagner.
  • Le rôle de prescripteur en question (« les Ambassadeurs ») : Prescription = s’adresser à des personnes extérieures à l’équipe du cinéma, qui seraient appelées les « Ambassadeurs », avec l’idée que la participation de personnes extérieures permettrait une circulation du travail, qui tienne compte des personnes à qui l’on s’adresse, cercle vertueux.
    À qui s’adresser ? Sortir du cercle proche, s’adresser à des lieux pas forcément dédiés à l’enseignement ou à l’image, pas seulement des établissements scolaires (et des jeunes en option cinéma), donc des associations, des médiathèques et d’autres structures ou services comme les conservatoires…
    Quel contenu ? Ouvrir la programmation de la salle en créant des rebonds avec des activités extérieures à la salle de cinéma. Une programmation qui tiendrait compte de l’identité et des préoccupations des lieux associés dont sont issues les personnes avec qui l’équipe salle va travailler, en intégrant éventuellement l’idée de transmission intergénérationnelle (travailler par exemple avec des jeunes et des gens plus âgés).
    Comment faire ? Le travail avec d’autres personnes appelle des temps d’immersion dans l’activité de la salle : la programmation, connaitre et comprendre les modalités de travail d’ une salle de cinéma - obligations, contraintes… Comment organiser ces temps d’immersion ? Modalités de travail à inscrire et intensifier dans le temps, s’adressant à des groupes relativement restreints, nécessité d’allers-retours…
  • Le non-film  : Proposition d’une définition la plus large possible du non-film : tout contenu audiovisuel autre que film de cinéma (par exemple avec numéro de visa) qui tend à formuler une expression nouvelle sur notre société. Comment repérer les communautés visuelles (recouvrent à la fois le contenu mais aussi ceux qui les produisent) qui produisent ces images ? Comment traiter ces objets sans droits ni distributeurs ? Comment intégrer au fonctionnement courant d’un lieu commercial un pan d’activité non commerciale ? Dialogue à mettre en place avec les institutions, le CNC, pour trouver de nouvelles modalités correspondant à ces objets. Comment intégrer des personnes hors champ professionnel et ces objets non-films, pour les montrer dans des lieux publics ? Comment les intégrer – dans quelle proportion ? - dans une programmation : mixer avec des films programmés ? dédier des séances ? organiser leur diffusion dans une salle attenante ? sous forme d’exposition ?
    Les formes internet ne sont pas forcément montrables en salle mais peuvent être associées à la salle de cinéma selon d’autres modalités, et avec des temporalités autres que celles associées à une séance habituelle.
    La re-médiation de la salle de cinéma nécessitera de rassembler plusieurs conditions :
    • refonder « la commande institutionnelle » de la communauté de communes, ou de la municipalité, de la Région, de la DRAC et du CNC qui configure la salle de cinéma, qui ne peut changer seule ses modalités de travail (ni même son CA quand il s’agit d’une salle associative),
    • reconfigurer en interne, budget, missions, compétences et organisation de la salle de cinéma,
    • organiser un repérage des œuvres (élargir le périmètre d’activité de la salle),
  • La salle de cinéma comme lieu de vie : hall de cinéma autre qu’un lieu de transit, de circulation du public, il peut aussi être un lieu de restauration, de séjour, un lieu d’exposition… en Île-de-France certaines salles ont réussi à passer le cap de la « bergerie », comme le Forum des images (qui n’est pas uniquement une salle de cinéma). Ce questionnement ne se limite pas à une transition architecturale, il englobe les contenus (programmation et activités), les équipes et la formation, la collaboration avec d’autres équipements.
  • Diversification des contenus, de la programmation :
    • Diversification des activités : le jeu comme ressource d’activité autre que le cinéma, qui peut s’inviter dans la salle (les mathématiques par ex). La programmation du cinéma peut intégrer d’autres activités, vers un élargissement de son périmètre, ou modifier sa manière de programmer.
    • être attentifs à de nouveaux films/types de programmation ou de production : projets locaux, le film comme support d’information du public, à diffuser dans la salle, sur moniteur, dans les réseaux sociaux.
    • S’intituler « lieu de vie » élargit le périmètre et met peut-être en contiguïté avec des secteurs qui ne sont plus exclusivement du cinéma. Travailler avec d’autres institutions, d’autres secteurs que celui du cinéma ou de la culture, induit une nouvelle structuration professionnelle et une modification de nos métiers.
  • Les équipes et la formation : Accompagner l’évolution des métiers et des équipes, voire l’émergence des métiers de la médiation. L’évolution des missions doit s’installer dans la durée et faire l’objet de formations. L’économie sociale et solidaire pourrait aussi intervenir dans le champ de la salle de cinéma.
  • la collaboration avec d’autres équipements :
    • externalisation de la salle : être visible à travers d’autres équipements, une antenne de la salle dans des équipements municipaux par exemple.
    • Les lieux sont aussi des moyens et des équipements : externalisation, détachement de personnes, images diffusées sur moniteur, pour rappeler l’existence de la salle selon d’autres modalités…